dimanche 11 novembre 2018




STUPIDE AURORE

Stupide aurore
Dans sa robe rouge
Ensanglantée
Stupide aurore
Au parfum aigre
De l'hiver annoncé
«Je» triste
«Je» fou
«Je» mort
Le froid lourd
Embrasse le passant

Stupide aurore
Les nuages se plient
Et se déplient
Il n'y a
«Je» ne fus
Cet effort de vivre
Pour chacun
Comme la main se pose
En ne laissant rien
Même la perle de sueur
Qui ment

«Je» long
Un chemin de croix
«Je» loin
Un point
Lointain
Qu'on écrase en oubli
Pas de pourquoi
Ici le rien
Le rien de «Je»
Le «Je» m'efface
Le «Je» m'en vais
Stupide aurore
Ou le «Je» trouble
S'oublie

09 septembre 2018

samedi 10 novembre 2018


LE PONT VERT SUR LA MEUSE

Le pont vert sur la Meuse
Qui l'enjambe et la creuse
À deux trois rues pas plus
De ma maison perdue


Je le passais souvent
Toujours comme en rêvant
Mon pas était léger
Et mon âme enchantée



J'y croisais quelquefois
Un vieil homme en guingois
Une femme bizarre
Aux yeux profonds et noirs


Et des enfants aussi
Peut être des amis
Des morts ressuscités
Chemises repassées


Quelques chiens misérables
Qu'on a oublié là
Une poignée de sable
Qui glisse entre nos doigts


Le moindre souffle d'air
M'étais un doux frisson
Je respirais le vert
De l'arbre et du poisson


Puis mes pas m'emmenaient
Jusqu'au bord de la route
Où la magie mourait
Dans le brouillard du doute


Moi qui m'étais si peu
Nourris de tant d'images
Je refermais les yeux
Pour un autre voyage
   


Et je te retrouvais
Mon vieil ami d'alors
Juste un peu plus distraits
Marchant parmi les morts


On jouait aux cailloux
En fumant des pétards
On n'était pas voyou
Juste un peu en retard


On espérait des trains
Qu'on ne prenait jamais
Se jouant des reflets
De ce monde incertain


On riait en pensant
Qu'on évitait le pire
On était des enfants
Pour nous pas d'avenir


Maintenant je te vois
Tes grands yeux bleus eteins
Disent que tu as froid
Disent que tu as faim


Je ne peux rien pour toi
Juste te repenser

Et les jours de grand froid
Me voit parfois pleurer


Le pont vert sur la Meuse
Qui l'enjambe et la Creuse
Laisse traîner le soir
Des traces de mémoires


08 octobre 2018

vendredi 9 novembre 2018


UN PAS DE DEUX

Un pas de deux pour le petit
Qui danse pour l'éternité
Un pas de deux avec sa mère
Un pas de deux avec son père


Un pas de deux pour le petit
Il est si beau dans son costume
Et ses jolis souliers carrés
On le mangerait volontiers


Un pas de deux pour le petit
Tous les yeux sont braqués sur lui
Alors il joue les minaudeux
Et fait mille tours sur lui même


Un pas de deux pour le petit
Il vole comme il est heureux
Le voilà qui va jusqu'au ciel
Quand les gens autour applaudissent



Son père lui a lâché la main
Sa mère s'est couché par terre
Un pas de deux pour le petit
Un pas tout seul et disparaît...


7 novembre 2018