dimanche 14 janvier 2018

A Ceux

A ceux qui se sont noyés
Ces marins désespérés
Avec leurs grands yeux ouverts
Les grands yeux noirs de leur mère

Leur si pesante tristesse
Leurs nuits froides dans l’ivresse
Et leurs corps jamais repus
Et leurs illusions perdues

Et leurs âmes qui se mirent
Dans les eaux glacées et noires
L’océan de leurs soupirs
Le brasier de leur mémoire

A ceux qui s’en sont allés
Prenant en chacun de nous
Petit bout par petit bout
Notre envie de continuer

A ceux-là qui sont si loin
Et qui voudraient que l’on reste
Agrippés à leur chagrin
A leur souffrance funeste

Je ne veux plus jamais croire
Ne plus jamais ressasser
Leurs affligeantes histoires
Je les laisse aux trépassés

14 juin 2017

LA JEUNE FILLE

C’est moi la jeune fille
Qu’on voit sur la photo
C’est moi qui joue aux billes
Ou qui porte un manteau

La jolie robe blanche
Et le petit chignon
Quand je pose un dimanche
De grande communion

L’arbre dans le jardin
Son ombre dessinée
Les odeurs du matin
Les petits déjeuners

C’est moi la jeune fille
Qui rêve sous la pluie
Qui aime sa famille
Et l’oiseau dans son nid

Je saute des ruisseaux
Me cache sous le lit
Pense à tous les radeaux
Que je n’ai pas construit

Je me déguise en chat
En méchante sorcière
Et couverte d’un drap
J’imite ma grand-mère

C’est moi la jeune fille
Qu’on voit sur la photo
C’est moi qui joue aux billes
Ou qui porte un manteau

Si je suis fatiguée
Je me repose un peu
J’ai bien rangé mes jouets
Je peux fermer les yeux

Maman viendra poser
Un baiser sur ma joue
Comme le vent léger
Mon sommeil sera doux

11 janvier 2018

mardi 5 décembre 2017

esquisse au véléda du jeudi


BRULE MON COEUR

BRULE MON COEUR



Brûle mon cœur dans la pierre où le lézard psalmodiant se cache
Brûle et désire ce qui ne peut être qu’un leurre
Il n’est pas de lieu plus commun que le fantasme vulgaire
L’inutile besoin
La concupiscente envie

Brûle mon cœur fond dans cette extase
Sois rassasié de la chair de ta propre chair
Jouis jusqu’à plus soif de l’impossible étreinte
Et pleure à l’entour de ton âme marquée
Du fer brûlant de l’enfance asservie

Dans le rêve extenué
Où violente est la nuit
Où les porte menteuses
Ne cachent que l’ennui
La fourbe certitude
De l’absurde besoin

Brûle mon cœur quand le chant lugubre
Des sorcières électriques entre en toi
Suis le sentier de l’arbre malade
De l’insecte méchant
De l’envers de la vie

Et vois
Les immenses champs dévastés
Où brûle ton cœur
Qu’écrase une main d’enfant
Dévasté de larmes

22 juillet 2017